de Staik le 22 Jan 2010, 14:43
Staik savait que la route serait longue et semée d'embuches, mais il avait souvent entendu sa maman dire que plus c'était long, plus c'était bon, et même si il n'était pas sur de savoir de quoi elle parlait il le prit pour argent comptant. Quant aux embuches, il les débiterait à coup de hachette si elles venaient à pointer le bout de leur nez, même pas peur.
Il était allé a la bibliothèque pour trouver des renseignements sur le Morbolger. Bien sur il connaissait certaines légendes que les mamans moines racontent à leurs petits pour les empêcher de dormir.
Quant à Goubeguildou, le père de Staik il n'aurais jamais admis qu'un tel monstre existe. Pas une créature végétale dont les sarments seraient plus grand que lui.
Selon certains témoins, Morbolger était donc une créature végétale qui aurait grandi dans l'obscurité des souterrains d'Ordelle, un lieu redouté par tous les jeunes humes, promesses d'angoisses et de monstres qui grattent les parois.
Malgrès les apparences, Morbolger semblait être une créature farouche dont la chasse demandait une grande patience et une attention sans faille. Le moindre bruit trop prononcé ou mouvement trop brusque pouvait mettre a mal des heures d'attente, faisant fuir le monstre qui ne se remontrait alors plus avant de longues semaines.
Staik prépara des vivres pour un mois, Jaessa en mère attentionnée y ajouté un paquet de cookies de sa réserve personnelle, et Goubeguildou en père finalement pas si naïf qu'on aurait pu le croire, un magazine de sa collection.
-" On a beau être moine, on en reste pas moins hume" qu'il disait.
Ainsi parti Staik vers les Hautes terres, torche à la ceinture et sifflotage aux lèvres.
Après une longue journée de marche, il arriva enfin devant l'entrée des cavernes qui semblait n'attendre que lui, l'obscurité semblant lui promettre mille mystères enfouis plus attrayants les uns que les autres.
Jusque dehors on entendait le battement d'ailes des Chauves-souris et de temps en temps un cri suraigue déchirait l'ambiance calme de ce lieu manifestement peu fréquenté.
Alors qu'il posait le pied dans l'ombre de la caverne, Staik senti progressivement le reste du monde s'estomper, comme si il entrait dans une autre dimension, là ou personne ne pourrait plus rien pour lui. Il compris une fois entré qu'il ne pourrait ressortir d'ici que seul, qu'il soit encore en vie ou non.
Il alluma sa torche mais la flamme semblait minuscule face à la profondeur de l'obscurité qui régnait en ces lieux, et bien faible pour permettre une avancée franche, il faudrait malgrès tout être prudent pour ne pas finir coincé dans un de ces puits qui, d'après les textes, avalent les aventuriers malchanceux qui y mettent les pieds.
Staik marcha de longues heures à travers ce qui s'avéra être finalement un véritable labyrinthe, puis il arriva dans la salle la plus reculée des cavernes. Il posa son sac a dos contre une colonne de pierre éteignit sa torche et s'endormit, fourbu de ce long périple.
Les jours se succédèrent et l'attente devenait de plus en plus pénible. Immobile dans cette pénombre, Staik finit par avoir l'impression de perdre la vue. Des idées noires commencèrent a assombrir son esprit. Etait il à sa place dans cette grotte? Allait il pouvoir en ressortir un jour? Cette soit disant récompense vallait elle vraiment la peine?
Il sentait qu'il commençait a perdre conscience du fait que le reste du monde avait existé un jour, et il avait peur de l'oublier complètement, de se retrouver comme une créature qui serait née ici, qui ignore tout du monde sauf cette obscurité qui aurait été sa demeure pour l'éternité.
Le 18eme jour, le jeune moine fut réveillé par des tremblements qui secouaient tout l'endroit, et faisaient tomber sur sa tête des gravillons venus d'en haut. il tourna lentement la tête et ne put retenir un hoquet quand il vit l'immense créature qui arpentait à présent les lieux. Une immense boule verte hérissée de ce qui semblaient être des globes oculaires atrophiés par l'absence de lumière, rampant le long de la pièce à l'aide de multiples tentacules et fendue d'une immense mâchoire sertie de centaines de petites dents pointues.
Pendant qu'il attendait, Staik avait imaginé une stratégie pour engager le combat en empêchant la créature de s'enfuir. Il se glissa entre elle est la sortie et s'approcha doucement, poings baissés. Le Morbolger était une créature lente et imposante, il n'aurait pas le temps de contourner le combat ni d'attendre l'autre bout de la pièce, il devait combattre.
Les coups de la bête était lents et faciles à esquiver, de plus elle semblait distraite et donnait l'impression de combattre de tout les côtés en même temps.
-"Ben alors, c'est que maintenant que tu nous remarque??!"
Cette voix semblait familière mais les oreilles de Staik avaient été soumises au silence trop longtemps et semblaient avoir du mal à fonctionner. Trois silhouettes sortirent alors de derrière le monstre, et Staik reconnût malgré la pénombre ses amis Alexlemos, Rapone et Piedroidor.
-" Bah qu'est ce que vous faites la??"
-" Ta mère à lâché le morceau alors on est venus te tenir compagnie mais on est arrivés trop tard du coup on t'aide au moins à tuer ce truc !"
-" Bon bah heu... merci."
Et ils tuèrent le Morbolger dans la joie et la bonne humeur, avant de lui couper un sarment ainsi que l'avait demandé Vola.
Le chemin du retour se fit en chanson, la pénombre n'était plus la même, comme si le monde extérieur avait marqué l'endroit de sa présence soudaine.
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Staik le 23 Jan 2010, 03:46, édité 3 fois.